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UN EXPERT RECONNU ACCOMPAGNE LE PROGRAMME GEOTHERMIE 2020

jeudi 8 février 2018
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Christian Boissavy était le président de l'association française des professionnels de la géothermie jusqu'à l'année dernière. Il accompagne l'équipe du forage de Satigny de ses conseils.

- Christian Boissavy, que venez-vous voir sur le forage?

Je suis mandaté par les responsables du programme Géothermie 2020 pour porter un regard externe et critique sur ce qui s'y fait. Mon rôle consiste à apporter mon expertise pour permettre de capitaliser les observations en termes de planification et d'organisation ; l'objectif est de passer un jour à des forages profonds : en effet, il est important de tirer le meilleur parti de l'investissement que l'on fait à Satigny ; car en géothermie, plus c'est profond, plus c'est chaud ; mais aussi plus c'est compliqué et coûteux…

 

- Combien de forages avezvous suivi au cours de votre vie  professionnelle ?

En 40 ans, j'ai suivi plusieurs dizaines de forages, en France et à l'étranger ; certains descendaient à 3 ou 4 km de profondeur. J'ai aussi été consultant à la Commission européenne dans les années 80. L'Europe a financé beaucoup de projets de géothermie, sous forme de puits d'exploration transformés en puits d'exploitation.

- Et la France?

Un million de Parisiens sont chauffés à la géothermie. La région parisienne compte une cinquantaine de doublets de forage à 2 km de profondeur. Actuellement, une opération est menée aux Batignoles, au nord de Paris, à 800 m de profondeur. D'ailleurs, la géothermie ne demande pas beaucoup d'espace : il ne faut que 3'000 m2 pour un forage. On peut même creuser dans un jardin ! C'est là l'un des grands avantages de la géothermie : cette source d'énergie est très discrète. 80 % des Franciliens (habitants des alentours de Paris) qui sont chauffés par la géothermie ne le savent même pas !

 

- Peut-on comparer la France à la Suisse, en matière de recherche dans le sous-sol?

En France, beaucoup de forages exploratoires avaient déjà été faits pour l'industrie pétrolière, ce qui est avantageux pour trouver la bonne température, et surtout une quantité d'eau suffisante.

En Suisse il y a eu peu d'exploration géophysique, et on n'a pratiquement pas réalisé de forage profond. Par contre, la Suisse a été très en avance sur les sondes  géothermiques à faible profondeur.

- Et Genève ?

En France voisine, les pétroliers français ont creusé un puits à Humilly. Pour le reste, on explore, à commencer par Satigny. Pour le moment, on y a trouvé ce qui était attendu : le forage confirme la courbe géologique prévue. Je me réjouis de voir ce que nous réserve la profondeur de 650 m. Et même si l'on ne trouvait rien à Satigny, il ne faudrait surtout pas se décourager : c'est la vocation de la phase exploratoire de rechercher et d'apprendre de ces recherches.